• vandeveldekathy

Le sens de l'odorat et la mémoire, quand l'olfactothérapie entre en milieu hospitalier

J'entends parfois des personnes autour de moi me dire "Les odeurs pour prendre un peu de plaisir et se détendre OK mais pour le reste ?"


Cela m'a donné envie de vous en dire un peu plus sur le fonctionnement de ce sens si particulier. Comment se construit-il et comment agit-il ?


Démarrons avec le commencement... lorsque nous étions dans le ventre de notre maman. C'est un fait : à sa trentième semaine, dans le ventre maternel, Bébé commence à vivre des sensations olfactives véhiculées par le liquide amniotique et il est déjà capable de détecter de subtils changements olfactifs in utero. Ainsi, avant même de venir au monde, il connait le parfum de sa mère, partage les arômes de ses plats favoris et même la fragrance des bouquets de fleurs qui embaument la maison ; il gardera en mémoire pour toujours tous ces effluves qui vont orienter ses préférences futures. Déjà connues, elles le rassurent. Inconsciemment, il a donc une prédilection pour toutes les odeurs humées au cours de la grossesse.


Aussi, parmi tous les sens dont nous disposons, le sens de l'odorat sera celui qui nous permettra de remonter aux souvenirs les plus anciens et qui gardera les souvenirs les plus intacts. Mais pour quelles raisons ? Quel est son mécanisme ?


De toutes les informations délivrées par les cinq sens, seules les odeurs véhiculées par l'olfaction pénètrent, presque par effraction, sans filtrage ni contrôle dans le cerveau limbique ; elles y exercent leurs effets avant même la perception et la reconnaissance par la conscience. Certains parlent même "d'agression olfactive" lorsque les lieux publics mettent en place un système de perception subliminale des odeurs, quasiment à l'insu du passant ou de l’éventuel client. Et voilà aussi pourquoi certains thérapeutes et psychothérapeutes utilisent comme support olfactif une huile essentielles minutieusement choisie pour proposer une émotion positive, rassurante, soutenante pour le patient ; laquelle va le porter afin de l'aider à aller au plus profond de son être pour guérir ses souffrances et blessures profondes.


Certains hôpitaux utilisent ce sens dans le cas notamment de patients Alzheimer ou ayant subi un AVC.

C'est le cas par exemple de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches en France, qui a démarré il y a plus de 10 maintenant avec des ateliers olfactifs dont le premier ayant vu le jour "Sentir pour mieux se souvenir". Le but ne sera pas de faire reconnaître des odeurs mais de laisser surgir un souvenir émotionnel.

Un professionnel souligne : "L’odorat est plus lié à l’émotion que la vision et le toucher, on essaye de susciter, d’une autre manière, des souvenirs que les patients ne pourraient pas atteindre, avec des images ou par le langage." Professeur Bussel (Hôpital Raymond Poincaré à Garches)

Entre temps, il existe 14 ateliers différents dans 9 hôpitaux en France.


Certains résultats sont surprenants.

Au sein des ateliers, Alexandre, un patient de 19 ans a prononcé l’un de ses premiers mots, « Prosper» (l’ourson des paquets de pain d’épice) en sentant une mouillette parfumée avec cette odeur.


Frédéric, 19 ans à l'époque également, était plongé dans un coma à la suite d'un accident de mo